Mon regard s'est construit en mouvement.
La création a toujours été là. Avant les stratégies, les calendriers et les reportings, il y avait déjà le dessin, la musique, les publicités que j'observais et cette même question : comment crée-t-on un univers capable de donner envie de découvrir un produit, une histoire ou un service ?
Créer avant de savoir nommer le métier.
Très jeune, je dessinais, je jouais de la guitare et je regardais les publicités avec fascination. Je ne voyais pas seulement un produit. Je remarquais les couleurs, le ton, l'ambiance, la façon dont tout était pensé pour faire ressentir quelque chose.
La cosmétique a particulièrement nourri cette curiosité. Adolescente puis jeune adulte, le maquillage est devenu un véritable terrain d'exploration. J'ai créé ma propre chaîne YouTube et, presque sans m'en rendre compte, j'ai commencé à apprendre les premières bases de mon futur métier.
Une chaîne YouTube comme premier atelier digital.
Il fallait imaginer un sujet, filmer, monter, choisir un rythme, créer une miniature, construire une identité visuelle et comprendre pourquoi certaines vidéos trouvaient leur public. J'ai appris seule, en testant, en observant et en recommençant.
Cette expérience m'a montré qu'une création ne vit jamais isolément. Elle dépend du format, du canal, de la présentation, du moment et de la manière dont une audience la découvre.
Plusieurs cultures, plusieurs façons de voir.
Je suis franco-ivoirienne et allemande. J'ai grandi en Côte d'Ivoire de mes six ans jusqu'à mes douze ou treize ans, avant de vivre une année scolaire au Sénégal, puis de rentrer en France pour préparer mon baccalauréat.
Après le bac, j'ai voulu repartir. J'ai vécu et étudié aux États-Unis, notamment au New Mexico Junior College, à Hobbs, et suivi un parcours à Arizona State University. Mes parents voyageaient beaucoup et nous emmenaient avec eux. Cette mobilité a nourri ma curiosité, mon adaptabilité et mon attention aux différentes manières de communiquer.
Elle m'a surtout appris qu'un même message ne résonne pas de la même façon partout. Il faut comprendre les références, les usages et les sensibilités de ceux à qui l'on s'adresse.
Chez SOLIBRA, le digital est devenu une évidence.
Pendant mon stage de troisième année de bachelor chez SOLIBRA, je me suis passionnée pour les sites internet, les réseaux sociaux, les contenus et les données. J'ai compris que je ne voulais pas seulement produire une image ou une campagne : je voulais construire tout le chemin qui permet à une idée de devenir réelle.
Pour moi, le digital ressemble à une carte au trésor. Le but n'est pas seulement d'atteindre le trésor, mais de découvrir et de construire tout ce qui l'entoure : les étapes, les choix, les détours et les apprentissages.
Une bonne idée a aussi besoin d'un système.
Plusieurs stratégies et propositions que j'ai conçues n'ont jamais été mises en œuvre. Les structures avec lesquelles je travaillais ne disposaient pas toujours des ressources humaines ou commerciales nécessaires pour assurer le suivi après la conception.
De mon côté, je portais déjà la stratégie, l'analyse des données, le benchmark et la construction des dispositifs. Ces expériences m'ont appris à distinguer la qualité d'une idée de la capacité d'une organisation à la réaliser. Elles ont renforcé ma manière de cadrer les responsabilités, les ressources et les étapes avant le déploiement.
Aujourd'hui, la créativité est devenue une pratique.
J'imagine, je structure, je produis, je coordonne et j'analyse. Ce qui m'intéresse n'est pas de choisir entre la sensibilité et la méthode, mais de faire travailler les deux ensemble pour créer des projets justes, cohérents et capables d'évoluer.